Dr Mame Ndella Diouf et Dr Fatou Bintou Diagne
Ces deux étoiles ne font pas seulement de la médecine, elles éclairent la nuit des familles frappées par la maladie.
Deux femmes, deux blouses blanches, un seul cœur battant pour les enfants malades du Sénégal.
On les imagine ainsi, ces matins où l’unité déborde de petits patients et de familles inquiètes : elles arrivent tôt, avant que le jour ne se lève tout à fait sur Dakar, parce qu’un bon médecin n’attend pas que l’heure sonne pour commencer à se soucier de ses enfants. Elles passent de lit en lit, et ce n’est jamais un geste mécanique, c’est un regard qui s’attarde une seconde de plus sur le visage fatigué d’un enfant, une main posée sur une épaule de maman qui n’a pas dormi depuis des nuits, un mot doux glissé avant l’annonce d’un résultat.
C’est ce genre de médecin qui, en apprenant qu’une famille n’a plus de quoi payer le prochain traitement, ne referme pas le dossier en disant que ce n’est pas de son ressort. Elle décroche le téléphone, elle frappe à toutes les portes, elle mobilise une association, un donateur, une connaissance, et s’il le faut, elle met la main à sa propre poche, en silence, sans jamais le raconter, parce qu’une bonne mère ne compte pas quand il s’agit de sauver un enfant qui n’est pas le sien mais qu’elle a fini par aimer comme tel.
C’est ce genre de médecin qui retient les prénoms de tous les enfants, pas seulement leurs pathologies. Qui sait que celui-là a peur des piqûres et invente un jeu pour le faire sourire avant l’aiguille. Qui sait que celle-là n’a plus de père et devient, le temps d’une consultation, la figure rassurante qui manque. Qui appelle une famille un dimanche soir juste pour prendre des nouvelles, sans qu’on le lui demande.
C’est ce genre de médecin qui pleure en cachette quand un enfant s’en va, et qui célèbre comme une fête personnelle chaque rémission, chaque cheveu qui repousse, chaque enfant qui retourne à l’école en courant.
Une bonne mère nourrit, protège, se sacrifie, espère envers et contre tout.
Un bon médecin soigne, écoute, se bat contre le système quand il faut, et ne baisse jamais les bras devant la maladie. Une bonne personne donne sans compter, sans attendre de retour, simplement parce que c’est juste.
Mais à trop demander à ces femmes de tout porter seules, on oublie l’essentiel : l’État leur doit tout. Car tout donner à un médecin, ce n’est pas lui faire l’aumône ni le couvrir d’éloges. C’est simplement lui offrir les moyens nécessaires pour exercer sa fonction : sauver.
Face au cancer pédiatrique, le Dr Mame Ndella Diouf et le Dr Fatou Bintou Diagne ne sont donc pas seulement des médecins : elles sont les mères de tous ces enfants qui, grâce à elles, ont une chance de grandir.
El Badou Gning