Deux professionnelles engagées pour l’oncologie pédiatrique au Sénégal
À travers une série d’interviews, le GFAOP donne la parole aux médecins qui suivent le Diplôme universitaire de cancérologie pédiatrique (DUCP). Rencontrés lors d’une session en présentiel à Rabat, au Maroc, ils nous présentent leur parcours, les réalités de l’oncologie pédiatrique dans leur pays et leurs projets à l’issue de la formation.
Aujourd’hui, nous partons à la rencontre du Dr Awa Sadikh Badiane et Dr Ouleye Kane.
Pouvez-vous vous présenter ?
Dr Awa Sadikh Badiane : Je suis radiothérapeute à l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar.
Dr Ouleye Kane : Je suis pédiatre de formation et j’exerce au Centre hospitalier national Dalal Jamm. Dans le cadre du DUCP, j’effectue actuellement un stage à l’Hôpital d’Enfants de Rabat.
Quels sont les principaux défis de l’oncologie pédiatrique au Sénégal ?
Dr Ouleye Kane : On estime qu’entre 800 et 1 200 enfants pourraient être atteints d’un cancer chaque année au Sénégal. Pourtant, seuls 200 à 250 nouveaux patients parviennent jusqu’à l’unité d’oncologie pédiatrique de Dalal Jamm, la seule du pays. Le diagnostic précoce, l’orientation des enfants et l’accès à une prise en charge adaptée restent donc des enjeux majeurs.
Dr Awa Sadikh Badiane : Nous recevons souvent des enfants présentant des tumeurs à un stade avancé. La radiothérapie pédiatrique est également difficile à réaliser, car les jeunes enfants ont souvent besoin d’une anesthésie pendant les séances. Les anesthésistes sont prêts à nous accompagner, mais le matériel nécessaire n’est pas toujours disponible dans les centres de radiothérapie.
Pourquoi avez-vous choisi de suivre le DUCP ?
Dr Ouleye Kane : Pendant ma spécialisation en pédiatrie, j’ai découvert l’unité d’oncologie pédiatrique et pris conscience des nombreux défis rencontrés. J’ai choisi le DUCP pour mieux me former et contribuer à améliorer la prise en charge des enfants.
Dr Awa Sadikh Badiane : Ma formation initiale en radiothérapie était généraliste. Je souhaitais approfondir mes connaissances en radiothérapie pédiatrique et acquérir des bases solides pour porter un plaidoyer en faveur de son développement au Sénégal.
Comment envisagez-vous la suite de votre parcours ?
Dr Awa Sadikh Badiane : Je souhaite développer davantage la radiothérapie pédiatrique et devenir une référente dans ce domaine à l’hôpital Aristide Le Dantec. Il est également essentiel de mieux documenter les difficultés rencontrées afin de sensibiliser les autorités.
Dr Ouleye Kane : Je souhaite mettre les acquis du DUCP au service des enfants, continuer à approfondir mes connaissances et les transmettre à mes collègues. Le diagnostic précoce doit aussi être mieux connu des professionnels de santé, car de nombreux cancers de l’enfant peuvent être guéris lorsqu’ils sont diagnostiqués et pris en charge suffisamment tôt.
Le Sénégal a été retenu pour intégrer la Plateforme mondiale pour l’accès aux médicaments contre les cancers de l’enfant. Cependant, sa mise en œuvre reste complexe. Quel regard portez-vous sur cette initiative ?
Dr Ouleye Kane : L’accès aux médicaments constitue l’une des principales difficultés rencontrées. Cette initiative est donc importante, même si je ne dispose pas encore de toutes les informations concernant sa mise en œuvre.
Dr Awa Sadikh Badiane : La tenue de registres fiables permettra de mieux évaluer les besoins et d’anticiper les quantités de médicaments nécessaires. C’est une étape essentielle pour assurer un approvisionnement adapté.
Les deux professionnelles ont enfin tenu à remercier le GFAOP pour cette formation.
👏 Merci au Dr Awa Sadikh Badiane et au Dr Ouleye Kane pour leur témoignage et leur engagement auprès des enfants atteints de cancer au Sénégal.
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https://www.gfaop.org/cancers-de-lenfant-en-afrique-la-formation-change-dechelle-ducp