Former et coopérer pour faire progresser l’oncologie pédiatrique
Dans cette série d’interviews, le GFAOP donne la parole aux professionnels du Diplôme universitaire de cancérologie pédiatrique (DUCP), rencontrés à Rabat.
Rencontre avec le Dr Catherine Patte, enseignante du DUCP depuis sa création.
Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai exercé comme médecin spécialiste dans le service de pédiatrie de l’Institut Gustave Roussy. J’y ai pris en charge des enfants atteints de cancer, participé et conduit des travaux de recherche clinique, en particulier des études internationales sur les lymphomes de Burkitt et contribué à l’enseignement du DIUOP.
Quel est votre rôle dans le DUCP et comment cette formation a-t-elle évolué ?
Je fais partie des enseignants du DUCP depuis son lancement par le Dr M’hamed Harif. Organisée au Maroc, en parallèle du DIUOP français, cette formation est plus accessible aux médecins africains.
Elle répond à un besoin, avec au moins 20 participants par session. Leur nombre reste limité afin de préserver la qualité des échanges. Les enseignements fondamentaux demeurent indispensables, mais évoluent avec les connaissances en oncologie pédiatrique.
Les participants doivent connaître les progrès en biologie et les nouveaux médicaments, même lorsqu’ils ne sont pas encore accessibles dans leur pays. Ils doivent aussi savoir que des résultats importants peuvent être obtenus sans les techniques et les traitements les plus récents.
Comment l’oncologie pédiatrique a-t-elle évolué en Afrique ?
Il y a 20 ans, elle était encore très peu développée. Quelques unités existaient au Maghreb, mais pratiquement aucune en Afrique subsaharienne. Depuis, les progrès ont été considérables.
Il faut continuer à soutenir ces unités afin qu’elles renforcent leur expérience et améliorent leurs résultats. La coopération entre les services, les pays et les continents est l’une des clés du succès.
Quels sont les principaux défis pour les prochaines années ?
Le DUCP est essentiel, mais il ne constitue pas une fin en soi : c’est un point de départ. Il faut développer la formation continue, renforcer l’autonomie des unités et les aider à créer des réseaux dans leur pays.
Les équipes doivent publier leurs travaux, participer au débat international et intégrer la recherche clinique, ce qui implique d’enregistrer et d’analyser les données recueillies.
La pluridisciplinarité doit aussi progresser. Les réunions de concertation permettent aux différentes spécialités de partager leurs connaissances, de gagner du temps et d’améliorer la prise en charge des patients.
Enfin, l’absence de couverture financière des soins reste une difficulté majeure pour les familles. Une implication plus forte des gouvernements est indispensable pour améliorer l’accès aux traitements et réduire les abandons de traitement.
👏 Merci au Dr Catherine Patte pour son témoignage et son engagement en faveur de l’oncologie pédiatrique en Afrique.
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https://www.gfaop.org/cancers-de-lenfant-en-afrique-la-formation-change-dechelle-ducp