Paroles d’apprenants : se former pour faire progresser l’oncologie pédiatrique en Afrique
À travers une série d’interviews, le GFAOP donne la parole aux médecins qui suivent le Diplôme Universitaire de Cancérologie Pédiatrique (DUCP) et que nous avons eu le plaisir de rencontrer lors de la session en présentiel organisée à Rabat, au Maroc.
Ils nous présentent leur parcours, les réalités de l’oncologie pédiatrique dans leur pays et leurs projets à l’issue de la formation.
Aujourd’hui, nous partons à la rencontre du Dr Marie-Claire Kapinga Dibwe, résidente en pédiatrie en République démocratique du Congo.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Marie-Claire Kapinga Dibwe. Je suis actuellement en quatrième année de résidanat en pédiatrie à l’Université de Lubumbashi. Je suis affectée aux Cliniques universitaires de Lubumbashi, où se trouve une unité d’oncologie pédiatrique membre du GFAOP.
Quelle est la situation de l’oncologie pédiatrique en République Démocratique du Congo, notamment à Lubumbashi ?
L’oncologie pédiatrique reste encore très peu développée dans notre pays. La République Démocratique du Congo compte seulement deux unités spécialisées : l’une aux Cliniques universitaires de Lubumbashi et l’autre aux Cliniques universitaires de Kinshasa.
Selon les estimations, environ 3 000 enfants pourraient être touchés chaque année par un cancer dans le pays, mais seuls environ 120 d’entre eux bénéficient actuellement d’une prise en charge.
À Lubumbashi, les ressources humaines sont également très limitées. L’unité compte deux oncologues pédiatres : le Pr Lukamba, responsable de l’unité, et le Dr Muganga, qui a suivi le DUCP en 2019. Deux infirmières formées complètent l’équipe.
Pourquoi avez-vous choisi de suivre le DUCP et de vous orienter vers l’oncologie pédiatrique ?
Il est très difficile de voir des enfants souffrir, ne pas parvenir à guérir et parfois décéder. Il faut également accompagner leurs parents dans ces moments particulièrement éprouvants.
Pendant mon résidanat, le Pr Lukamba m’a proposé de suivre le DUCP et j’ai accepté. Ma décision est aussi liée à mon histoire personnelle, car plusieurs membres de ma famille ont été touchés par le cancer. Cela m’a donné envie de me former afin de pouvoir être utile à mon pays, mais également à ma propre famille.
Dans le cadre du DUCP, vous avez effectué plusieurs stages. Que retenez-vous de ces expériences ?
J’ai effectué mon stage à l’Hôpital d’Enfants de Rabat, dans le service dirigé par la Pr Laïla Hessissen. J’ai beaucoup apprécié l’accueil, l’ambiance chaleureuse et l’organisation du service.
J’ai notamment découvert une prise en charge véritablement pluridisciplinaire. Lors des visites, les médecins travaillent avec la nutritionniste, la psychologue et la psychomotricienne. La présence de ces différents professionnels permet de prendre ensemble des décisions adaptées aux besoins de chaque enfant.
J’ai également été marquée par l’importance accordée aux réunions de concertation pluridisciplinaire et aux soins de support. À Lubumbashi, nous pouvons parfois disposer des médicaments de chimiothérapie, mais manquer d’autres éléments indispensables à la prise en charge, comme les plaquettes sanguines.
Comment le DUCP vous servira-t-il à votre retour à Lubumbashi ?
Je souhaite partager avec mon équipe les connaissances et les pratiques acquises pendant la formation, afin de contribuer à une meilleure organisation de notre service.
Je voudrais également renforcer le plaidoyer auprès des autorités pour que l’unité dispose d’un espace de travail plus grand et mieux adapté à l’accueil des enfants.
Enfin, le développement d’une Maison des Parents constituerait une aide importante pour héberger et accompagner les enfants et leurs familles pendant les traitements.
👏 Merci au Dr Marie-Claire Kapinga Dibwe pour son témoignage. Nous lui souhaitons beaucoup de réussite dans la poursuite de sa formation et dans la réalisation de ses projets à Lubumbashi !
SANOFI FOUNDATION
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