En Afrique, un enfant atteint de cancer a aujourd’hui quatre fois moins de chance de survivre que dans les pays à haut revenu. Alors que 80 % des enfants guérissent dans ces pays, près de 80% des enfants africains atteints de cancer en décèdent.
Cette inégalité n’est pas liée à la nature des cancers, mais avant tout à un diagnostic trop tardif.
On estime que près de 70 % des enfants atteints de cancer arrivent dans les structures de soins à un stade avancé de la maladie. À ce stade, les options de traitement curatif sont limitées et de nombreux enfants sont orientés rapidement vers des soins palliatifs, sans avoir bénéficié d’une réelle chance de guérison.
Diagnostiquer plus tôt pour sauver des vies
Le diagnostic précoce est l’un des facteurs les plus déterminants de la survie des enfants atteints de cancer. Lorsqu’un cancer est identifié à temps, les traitements sont plus efficaces, moins lourds et les chances de guérison augmentent considérablement.
Pourtant, plusieurs freins persistent :
- une méconnaissance des signes d’alerte des cancers de l’enfant,
- une stigmatisation encore forte, le cancer étant souvent assimilé à une condamnation,
- des barrières culturelles et sociales retardant le recours aux soins,
- des difficultés d’orientation dans les systèmes de santé.
Ces obstacles expliquent en grande partie les retards de diagnostic observés dans de nombreux pays d’Afrique.
Un séminaire de capitalisation pour renforcer l’action collective
Face à ces constats, un séminaire de capitalisation s’est tenu à Porto Novo au Bénin dans l’Unité d’oncologie Pédiatrique de CHUD de l’Ouémé et du Plateau les 21 et 22 janvier, réunissant pendant deux jours :
- des oncopédiatres de six pays d’Afrique francophone (Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Togo, RDC, Bénin),
- des associations locales engagées auprès des enfants et de leurs familles,
- des acteurs institutionnels du secteur de la santé.
Ce séminaire répondait à un besoin clair : prendre du recul sur les pratiques existantes, partager les expériences de terrain et renforcer une vision commune du diagnostic précoce comme levier prioritaire pour améliorer la survie des enfants atteints de cancer.
Briser les tabous pour changer les trajectoires de soins
Les échanges ont mis en évidence l’importance de mieux sensibiliser les communautés, de former les professionnels de santé de première ligne et de lutter contre les représentations négatives associées au cancer de l’enfant.
Malgré des contextes souvent contraints, les oncologues pédiatriques et les acteurs locaux poursuivent leur engagement avec détermination afin d’améliorer la prise en charge des enfants et d’offrir à chacun une véritable chance de guérison.
À travers ce séminaire, le GFAOP réaffirme son engagement à favoriser le partage d’expériences, à renforcer les capacités locales et à faire du diagnostic précoce une priorité dans la lutte contre le cancer de l’enfant en Afrique.
Le GFAOP remercie chaleureusement la FOUNDATION S pour son soutien, qui a contribué à la tenue de ce séminaire et au renforcement des actions en faveur des enfants atteints de cancer en Afrique.




